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 fille de silex

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Apache
◈ C R O S S ◈


Pseudo : mogwai
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Sur WUH depuis le : 27/10/2014
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Fiche : my skin has turned to porcelain, to ivory, to steel
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MessageSujet: fille de silex   Mar 28 Oct - 22:42

there ain't no grave
can hold my body down
there ain't no grave
can hold my body down
when i hear
that trumpet sound
i'm gonna rise
right out of the ground
ain't no grave
can hold my body down
well, look way
down the river
what do you think i see ?
i see a band of angels
and they're coming after me
ain't no grave
can hold my body down
there ain't no grave
can hold my body down


20 ans
Artisan coutelier
Rêve lucide

Apache sait, elle l'a vu, elle l'a fait de ses doigts, elle a brisé le tain du mirage. Elle est tombée dans le vide et s'est sentie disparaître. Apache a mangé la chimère, a mangé le mystère, elle a compris : Apache est la prise de conscience et le désir de contrôle. Apache refuse le rêve, elle le tordra comme elle a tordu le métal.




bjr c mwa
cliquez sur play c cool
je suis un vieux camionneur
mikasa ackerman ©snk
je fus mogwai
je mets un deux trois sachets d’aspartame dans mon café
monosourcil









Ils ne parleront pas d'elle dans les livres d'histoire.
Ils oublieront sa voix et ses cicatrices. Ils oublieront la forme de ses mains. Ils ne diront à personne qu'elle n'a jamais souri, jamais assez dormi, et que lorsqu'elle se blesse, elle ne saigne même pas.

Apache respire sans faire de bruit. Son visage ne se déforme plus et sa bouche ne peut pas crier. Sa peau est de pierre, et en dessous, de fer ; elle ne peut pas plier.

« Allez, plonge ! »

Elle détend ses muscles froids un par un, sourde à son autour, toutes les fibres du corps congelées par la torpeur.

Elle ne regarde pas en bas. Elle ne regarde plus personne.
La détente de sa chair, toute sa chair, au plus profond, est absolue ; dans tous les recoins, une absence limbique de pensées.
Ses poumons décélèrent.

Elle ne prend pas de mesures. Elle connait déjà l’exacte altitude à laquelle son corps de verre éclate, le poids de ses os, la vitesse de la chute.
Les dernières secondes d’apesanteur lui passent sur la peau comme un électrochoc. Les murs se sont évaporés. Il y a un murmure sonique.

Elle tombe.
Elle plonge dans l'abysse.
Rien ne s’emballe à l’intérieur. Son sang ne vrombit pas contre ses tempes. Ses gestes sont lénifiés, découpés dans la clarté d’un disque blanc ; tous ses organes ne sont que de petites boules d’énergie inhibée.
Tout est simple, et dur, et déplacé par aucun mouvement.

Il n’y a que ses paupières qui battent encore parce que son cœur ne le fait plus.

« Plonge, Apache ! »

Apache ne s’émeut pas.
Elle brise le songe comme un miroir.
Tout au bout du plongeoir, elle se laisse basculer.

Elle est une comète dans la voûte et ses membres ne savent pas trembler.
Sa conscience s’est décollée de ses rachis. Ses pieds glissent et se dérobent en arrachant des bouts d’éther. Quelque chose dans son dos s’est déployé alors que l’adrénaline implose quelque part dans ses tissus, est-ce que ce sont des ailes ? Elle n’en sait rien. Elle ne croit pas. Ça n’aurait aucun sens.
Apache ne se pose pas de questions.
Apache pense que tout est évidence.

Ses mains translucides se couvrent d’étincelles et la forme concentrique découpée dans le ciel enflamme son enveloppe. Une gerbe chaude éclate près de son ventricule et s’annihile aussi simplement qu’on brise une nuque humaine.
Elle prend feu.
Elle ne tombe plus.
Elle vole.

Un frisson liquide arrive ;
quelque chose de vivant heurte ses vertèbres.
Son échine s’incurve.
C’est quand elle touche enfin la surface qu’elle paraît tangible, touchable, friable. Plus ou moins réelle dans cette bruine de fer bleu. Elle disparait dans le carcan visqueux.
Dès que la pression explose et que rugit la mer, sous une gangue d’écume, Apache est Apache à nouveau. Apache est hiératique comme une statue au fond de l’eau.

Apache est une armure qui ne s’émousse pas. Une force inhabitée sous la poussière d’un corps plus noir que la poix. Elle est une secousse sismique, une puissance chronique, et à son épicentre, tout semble se mêler pour effleurer le point de fusion maximum. Apache se crève en deux comme un ciel d’orage, et fulgure pour la dernière fois.

Apache est une égide vivante, un inusable bout d’éternité sublimé par le vide. Son vide à elle, son propre vide, un trou noir qui s’ouvre sur l’enfer. Une latence ivre.
Et une froideur à glacer toutes les peaux.

Apache sort de l'eau. Elle ruisselle, mais elle n'est pas mouillée.
Apache est un ersatz de rêve qui n’a pas su y croire. Un fragment pris dans tous les engrenages. Elle est cet instant fugace où l’espoir se ratatine sous une force vive, ce moment minime où la mine effleure un orteil puis pulvérise un homme. Cet espace absolu où la foudre broie un millier de cimes et cet espace contigu où les mâchoires d’une bête se referment sur un cœur.

Apache est le début d’une fureur incoercible.






Qu'est-ce que cela vous fait d'être moitié-astray/moitié-uncanny ?

Rien.

Comment voyez vous vos rapports avec les autres ?

Ils sont illusoires.

Avez vous un avis à propos du Roi ?

Il est un menteur.

Qu'est ce qui pourrait vous attirer dans le monde d'origine de votre parent Astray ?

C'est toute son obsession.






Elle a toujours été mauvaise coutelière.
Ses parents auraient voulu qu'elle fasse de ses mains autre chose que ce qu'ils avaient fait des leurs. Ils s'accommodaient de sa médiocrité par désir d’entretenir la tradition mais ne comprenaient pas son refus de faire ce qu’elle aurait voulu.

Apache n’a jamais fait ce qui lui aurait plu, mais plutôt ce qui lui semblait juste.
Il n’était pas nécessaire que les choses lui soient agréables. Le sens du devoir outrepassait le vouloir, et aucun de ses désirs, même d’un centimètre, n’avait dépassé sa raison.

Apache depuis toujours s’abandonnait à ce qui lui faisait du mal si c’était pour le mieux. Ce n’est pas facile de vivre en tant que Cross à Horizon, et sans une tête de fer, et des phalanges d’acier, on se brise comme un rien. Aussitôt qu’elle a pu faire ses choix seule et devenir une personne, le chemin qu’Apache a pris s’est fait aussi droit que son dos.
On se construit comme on l’entend. Apache n’entend qu’une chose, et très distinctement, comme le bruit blanc du métal.

Apache n’avait pas de volonté pour elle-même et ce n’était pas par gentillesse ou par philanthropie. C’était parce que son instinct séculaire lui disait comment faire les choses. Il lui disait parfois de souffrir. Parfois d’accepter le dégoût. Parfois il lui disait de se battre, et parfois de se coucher comme un chien. Apache a le discernement tranchant des lames qu’elle forge, Apache n’a pas peur de se salir jusqu’aux bouts des cheveux, Apache a toujours eu dans le cœur une balance reliée à ses poumons.

Apache ne respire peut-être pas le même air que les autres, mais ça ne la rend pas spéciale. Apache est simplement cet être primitif qui préfère tuer l’animal blessé pour qu’il ne souffre pas.

« Tu es trop dure avec toi-même. »

Apache détestait faire des erreurs. Elle se souvient de chacune d’entre elles. La première a été d’écouter les autres lui dicter sa conduite, et la seconde a été d’émettre des regrets. Sensiblement liées, ces erreurs auraient pu faire une avalanche de la vie d’Apache si elle n’avait pas tout repris en main. Une main d’inox. Une main qui relâche le stylo et déchire la feuille blanche. Apache a très tôt arrêté les études.

Elle ne manipulait ni les fours ni l’acier avec la virtuosité de son père. Elle se coupait souvent.
Ses doigts portaient les estafilades que les rasoirs avaient tracés. Le vermeil blessé arrivait à la surface, parfois très près de sortir, mouillant la dernière membrane avant l'air libre. Mais elle ne saignait pas.

C’était un métier très vieux et dur, qui tombait en désuétude. Apache ne se plaignait pas de la difficulté des rares commandes ou des aléas de l’artisanat. Elle s’exécutait. Elle plongeait l'acier dans le four jusqu'à ce qu'il rougeoie, et lorsqu'il semblait prêt à tomber en lambeaux de feu, elle en faisait une dague, une aiguille, un surin. Peut-être sans conviction, peut-être résignée. Mais elle le faisait, c’est tout.

« Tu es faite pour l’armée, Apache. »

L’armée n’intéressait pas Apache. Apache ne voulait pas faire plier ses vertèbres devant un sergent instructeur qui lui apprendrait une discipline qu’elle embrassait déjà.

Apache ne connaissait pas les bancs et les uniformes aux galons brillants. Elle se levait à cinq heures tous les matins mais pas au son du cor. Elle ne voulait pas tout ça, elle ne voulait pas obéir à quelqu’un d’autre ; elle se suffisait. Apache s’infligeait seule les punitions et payait cher ses erreurs. Pour solde de tout compte elle s’en sortait très bien.

« Ne fais pas attention aux horreurs qu’ils te disent. »

Apache ne répondait pas lorsque les habitants l’insultaient. Elle servait aussi les clients qui la regardaient comme une ordure. Elle ne baissait pas les yeux mais ne levait pas la tête, elle restait debout derrière son comptoir en graissant l’acier écorché lorsqu’on venait verser sur ses pieds des poubelles d’injures. Apache n’a jamais bronché. La haine glissait le long de bras étanches déjà occupés à donner une forme au fer rouge, et le racisme n’a pas déformé son visage une seule fois.

Ça n’empêchait pas qu’en son intérieur Apache brûle, avec des flammes plus hautes que les brasiers de la fonderie, et avec un désespoir combustible qui se vidait de ses pores comme une fumée humaine. C’était selon les jours. Parfois les jours étaient longs.

Alors Apache a appris à les faire passer de toutes les manières. En travaillant plus, en dormant beaucoup moins. En regardant plusieurs heures passer par la fenêtre une vie qu’elle aurait pu façonner autrement. En méditant sur ces chances inouïes dont lui parlaient ses parents - la milice, l’AURORE, les distinctions précieuses. En essayant des façons nouvelles de s’écorcher les mains. En faisant s’entrechoquer les lames aux filigranes en or. Apache était une escrimeuse virtuose et personne ne le soupçonna ; pendant les nuits les plus blanches elle pouvait graver dans le mur des encoches aussi profondes que des puits et ficher sur ses cibles en bois des nuées de poignards. Mais elle faisait les couteaux - elle ne les usait pas.

Apache a connu la véritable colère lorsqu’elle a compris qu’Horizon n’avait pas d’horizon et qu’on n’en saisirait jamais le bout. Le royaume abyssal n’aurait jamais de fond, elle le sentait dans le lit de ses veines et n’y pouvait rien ; ce n’était que sa racine qui pulsait dans ses abîmes de chair.

La racine d’Apache, la seule source cognitive irrationnelle, sans valeur, sans fondement, dont elle suivait le mouvement, sans même le vouloir mais parce qu’elle y était prédestinée.

Par un processus lent, comme lorsqu’on grave dans la longueur d’une lame l’érotisme d’une arabesque, Apache a polarisé en elle une obsession unique. C’est une fascination qui n’a pas de lisières et pas de confins pour un monde qu’elle ne peut qu’effleurer en rêve. Le rêve pourtant, il lui faut le briser.
Apache brisera le rêve comme elle sait briser le fer de ses armes.

Apache lucide n’a qu’une seule aspiration qui outrepasse les autres, c’est se réveiller. Sortir de sa prison onirique et de son linceul ensommeillé pour arriver en haut. En haut, là d’où les astray viennent, là où ils vivent autre chose qu’une moitié de sommeil, cristallisés dans un cauchemar au goût âcre, et fondu, depuis trop longtemps.

« Il ne faut pas que ça te dévore. »

Mais Apache se moque qu’on lui mange le coeur.
Apache veut que son désir ineffable de révolution perce le monde comme on perce le coeur d’un songe. Apache veut sortir, elle rayera avec ses dents le dôme invisible qui les sépare de la réalité.





well meet me jesus
meet me
meet me in
the middle of the air
and if these wings
don't fail me
i will meet you anywhere
ain't no grave
can hold my body down






Dernière édition par Apache le Dim 2 Nov - 21:35, édité 6 fois
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Ortie
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MessageSujet: Re: fille de silex   Mer 29 Oct - 0:19

jtm tjrs, continue ♥


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Manhattan V. Chevalier
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MessageSujet: Re: fille de silex   Mer 29 Oct - 7:40

Comme te l'as dit Ortie tu peux continuer, mais je viens juste pour faire une petit remarque de rien du tout. ♥ C'était précisé dans le topic du recensement mais si vous vouliez reboot votre personnage il suffisait de poster une nouvelle fiche de présentation et ensuite le changement de pseudo/groupe etc aurait été fait. Voilà c: Je le dis au cas où pour la prochaine fois parce qu'avec Céphouse on a un peu crisé en voyant que tu t'étais connecté plusieurs fois et avait totalement ignoré le recensement D8< Je te re-souhaite donc la bienvenue et bonne chance pour ta fiche ♥




manhattan
C’est comme un parfum de nocturnes qui auraient l’goût des levers du jour. Parce qu’elle, elle dit jamais je t’aime. Elle est tout c’qu’on veut qu’elle soit, tous les possibles au bout des doigts. Elle t’emmène d’l’aut’côté d’la Terre, juste quand elle ouvre les paupières.
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Apache
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MessageSujet: Re: fille de silex   Sam 1 Nov - 22:49

//sweats nervously

Oui pardon heu je suis juste un gros caca, même Ortie m'a dit de le faire et j'ai quand même zappé c'est pas faute d'avoir insisté
cry

Bref je suis une vieille meuf mais une vieille meuf qui a fini sa fiche. Navrée l'histoire est fort décousue mais c'était le blackout inspirationnel :( J'espère que ça reste cohérent dans l'ensemble. Si vous me cherchez je suis partie me jeter à la poubelle.
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Manhattan V. Chevalier
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MessageSujet: Re: fille de silex   Dim 2 Nov - 15:14

Pas de soucis love, on est contentes que tu sois de retour parmi nous rrr ♥️ J'epsère que tu t'amuseras avec ce nouveau perso lula

★   apache

Le Roi te souhaite la bienvenue parmi le peuple d'Horizon. Tu vas pouvoir gambader partout, participer aux festivités locales et découvrir cette merveilleuse cité qui s'ouvre à toi. Tu vas pouvoir faire des connaissances et des rencontres, cheveux au vent. Bienvenue à Horizon, la cité des rêves.




manhattan
C’est comme un parfum de nocturnes qui auraient l’goût des levers du jour. Parce qu’elle, elle dit jamais je t’aime. Elle est tout c’qu’on veut qu’elle soit, tous les possibles au bout des doigts. Elle t’emmène d’l’aut’côté d’la Terre, juste quand elle ouvre les paupières.
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