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 under the rain♔ ft. aspirine

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Opium
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Pseudo : memento morri
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MessageSujet: under the rain♔ ft. aspirine   Dim 26 Oct - 16:53



Et Horizon pleurait.
Le bruit des talons qui s'affolent dans tous les sens afin d'échapper à l'eau qui coulait des yeux de la ville résonnait en écho dans tes oreilles abîmées, tes yeux fatigués foulant le sol sous le regard de tes pieds rougis ou l'inverse tu ne sais plus et de toutes façons ça n'eut aucune importance ; tu n'en pouvais plus. Tu marchais, errais, fuyais la populace qui t'étouffait, fuyais la lumière qui t'aveuglait et tu te faisais ami de cette eau qui te recouvrait, te noyait pour mieux t'aimer ;

Tu aimes la pluie.
Elle est l'une des rares choses qui ne te rejette pas, elle est unique, comme Horizon ; ses larmes, son amertume, sa tristesse que tu voudrais essuyer d'un revers de bras, cajoler l'enceinte de ses murs pour mieux qu'elle pense à toi ; Horizon et sa couleur, si belle et brillante comparée à ta maigre pâleur, ta peau pâle et ta carrure chétive, tes côtes saillantes et tes balafres endormies qui se réveillent sous la pluie, traînant ton fourreau à ta taille, la main bandée, les yeux cernés.

Et Horizon pleurait.
Et toi tu marchais sous ces larmes qui perlaient à leur tour sur ton visage, te rapprochant de ce que tu eus vaguement identifié comme étant le château - mais au fond, tu t'en fichais - refuge, tu cherchais refuge, tu ne pouvais te permettre de rester ainsi sous l'eau, pas que la maladie puisse t'emporter - hélas, c'est un fait regrettablement regretté - mais le froid lui continuait de t'attaquer, tout comme la faim, tout comme les frissons et le vide qui te remplissait. Traînant tes pieds, tu t'es rapproché, tu as saisi entre tes mains les barreaux qui protégeaient la carcasse de sa Majesté, levant tes yeux vers les quelques gardes de corvée, malgré la pluie battante qui attaquait, mordait ta peau à vif, trempant tes bandages. Rires, hilarité, mise en garde et rejet.

Encore, toujours et à jamais.
Pourtant, tu ne partais pas - où serais-tu allé ? où te serais-tu réfugié ? Non, tu ne partais pas, oui tu restais, assis, là, par terre contre les briques qui refusaient de te protéger ne serait-ce qu'un peu du vent et de la tempête qui s'annonçait, serrant contre toi ton arme, recroquevillé, ne ferme pas les yeux Opium : tu pourrais t'envoler, reste ici et repense à ces jours où tu regardais la pluie, derrière une fenêtre avant d'aller te réchauffer devant une cheminée, repenses-y et dis toi qu'à cette période d'autres étaient dehors

Et Horizon pleurait.
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Aspirine
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Pseudo : midona - ragequit.
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MessageSujet: Re: under the rain♔ ft. aspirine   Lun 27 Oct - 22:18



But I set fire to the rain Watched it pour as I touched your face Well, it burned while I cried

○ • ○ •

Elle était si belle, la pluie.
Battant contre les carreaux, symphonique, envoûtante. Des larmes du ciel qui tombaient, tombaient en un plic ploc régulier et assourdissant.

Aspirine aimait la pluie. Son odeur, et son bruit - ce son qui l’apaisait, la berçait. Mélancolique était la pluie, triste était sa signification. Mais lorsque Aspirine la voyait, elle se sentait bien. Elle se sentait mieux. Les mains crispées autour de ce linge qu’elle finit de plier, elle regarde les gouttes s’écraser sur la vitre. Et quelque chose dans son regard change - une étincelle jaillit du plus profond du bleu délavé - elle aimerait sortir. Goûter à la pluie. Ses bottines crissent sur le pas de la porte, et un souffle tremblant d’hésitation file d’entre ses lèvres blêmes. Osera-t-elle, Aspirine ? Elle n’a plus de couleurs à perdre dans la pluie - elle n’a plus de larmes à verser dans la pluie. Mais pourtant, elle est là, elle doute, toujours vacillante, toujours si peu sûre d’elle.

Non non Aspirine ne devrait pas sortir.
Mais la tentation est là, et la tentation l’étouffe. Etincelle. Petit grain de folie, petit démon venu pousser entre ses côtes. Allez, Aspirine. Respire, Aspirine. Alors elle avance lentement sous cette pluie qui risque de la faire fondre - elle l’effervescente Aspirine.

Le contact froid du l’eau qui ruisselle le long de son corps lui arrache un frisson - mais ce n’est pas ça qui l’arrête, au contraire. Alors que ses habits se gorgent d’eau, ses pas s’accélèrent - tout comme le rythme de son coeur qui cogne cogne cogne furieusement contre sa poitrine. Son coeur vide. Son coeur morne. Son coeur d’aspirine qui soudainement explose, éclate, se répand en un millier d’émotions qui lui donnent la force de continuer à courir sous cette pluie.
Elle court pour une liberté qu’elle n’aura jamais. Elle court pour un sens qu’elle ne trouvera jamais. Elle court pour une vie qui s’est terminée avant d’avoir commencé.

Mais ses jambes la stoppent - ses faibles et pauvres jambes - et elle glisse alors que son pied s’enfonce dans une flaque, l’autre dans la boue. Nez au sol, elle est tombée, Aspirine. Tombée, elle entend les rires lointains des gardes -  mélangés au bruit de la pluie. De la lourde pluie qui tombait de ses yeux désabusés. Elle a mal Aspirine, parce qu’elle n’est pas une bonne aspirine - mal aux genoux, mal à ses mains, et mal à son coeur. Sa robe de servante est toute tachée à Aspirine, tout comme son visage si pâle.

Aspirine n’aurait jamais du sortir.

Les poings serrés elle se relève - petite forme sombre dans la pluie battante - trempée jusqu’aux os. Elle lisse sa robe, et passe une main sur sa joue pour essuyer la boue qui s’y est collée, et ce n’est qu’après, lorsqu’elle lève enfin le nez -
Et le temps s’arrête. Ses yeux sans couleur lavés par la pluie papillonnent - alors qu’elle réalise qu’elle se trouve face aux barreaux, et face à lui.

Lui.
Lui elle ne le connaît pas - comment le pourrait-elle, elle ne connaît personne Aspirine.
Lui elle ne voit pas son visage, juste son dos, sa forme recroquevillée contre la grande porte fermée. Sur le moment, sur ce simple moment, Lui lui fait penser à elle - silhouette chétive qui ne demande qu’à disparaître, noyée par la pluie.
Elle s’avance d’un pas, puis deux. Mais se recule de trois.
Lui est un étranger, lui est un autre - peureuse Aspirine.
Mais Lui a froid, et Lui a sûrement peur de perdre ses couleurs dans la pluie.

Torturée par l’hésitation, Aspirine se consume - et soudainement elle s’avance jusqu’aux barreaux. Elle enlève sa veste rapiécée, et la tend entre les barreaux, les mains tremblantes. Tremblantes, blessées et sales. Animal apeuré - elle jette la veste en lambeaux aussi trempée que tout le reste, et s’éloigne de deux pas rapides. Ses yeux retrouvent le bout de ses chaussures, alors que la pluie commence à mouiller ses épaules, mais elle ne bouge pas.

Dans ce jour de pluie, ce jour de larmes - elle était incapable de s’enfuir Aspirine.
Dans ce jour de pluie, ce jour de larmes - son coeur ne marchait plus très bien, à Aspirine.
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MessageSujet: Re: under the rain♔ ft. aspirine   Mar 28 Oct - 10:23

Tu te dissipais, pâteuse fumée, collant au mur et sol avant de te diluer avec l'eau qui coulait sur ta peau blafarde, tes prunelles noires de suie fixant le sol, brumeuses, ailleurs, elles sont restées là où le soleil surplombait ce pays aux milles couleurs chatoyantes. Tu entends les rires continus de la garde qui te dit de déguerpir, de rentrer chez toi, dans ton foyer, à l'abri.

Quelle douce ironie.

Ton foyer s'est écroulé, il n'est plus qu'un ramassis de pièces de souvenirs flous et vagues pour toi, petit Uncanny parmi tant d'autres. Et tu voudrais croire en égoïste créature que tu es que c'est pour toi que les larmes du ciel tombent, que quelqu'un en ce bas monde éprouve, plus que de la sympathie, plus que de la compassion, un simple intérêt sur ta personne effacée et sans couleur qui disparaît, succombant au gommage que la pluie frotte sur ta peau, t'évaporant, douce drogue en laissant ton parfum enivrant s'échapper dans la ville, les yeux fermés.

Tu n'as plus espoir : personne ne viendra te chercher.

Les rires s'éloignent, grésillant en écho dans tes oreilles, se fondant dans le ramdam de la pluie là où des bruits de pas se rapprochent, ces bruits que tes oreilles à l'affût filtrent comme à leur habitude - méfiantes qu'elles sont, s'arrêtant là où les rires commencèrent, et, de manière désagréable : tu te sentis observé, scruté en tous points. Et tu serres, serres contre toi le fourreau de ton sabre, si froid, congelé même, ta joue reposant contre, ta peau tout aussi glacée manquant de se briser, de s'y coller mais tu t'en fiches. Le bruit.

Le bruit d'un tissu qui tombe au sol sous la pluie.

Un bruit lourd, peu harmonique, comme un incident, une chute involontaire ; il n'allait pourtant pas se relever, il n'allait pourtant pas partir. Toi, tu croyais à la maladresse, toi, tu croyais à une bêtise, toi, tu y croyais à cet incident : qui pourrait bien vouloir t'abriter ? qui voudrait bien vouloir te supporter ? qui ?

Si seulement tu le savais.
Tu t'es relevé, difficilement, vaporeuse fumée, chancelante, emportée par le vent ci-et-là, à droite à gauche, te baissant pour rattraper le tissus, le bruit des plaques de métal à ton cou tintant sous la pluie quand tu t'es retourné vers les barreaux pour voir cette silhouette chétive, tremblante, passant ton bras à travers la grille qui vous séparait, y faisant passer délicatement la veste, tes yeux fatigués et vides, presque timides pourtant et surtout, surtout sans hypocrisie ni mauvaises intentions, aucune, tu essayas de dire, de ta voix éraillée par le temps, rauque parce que tu ne l'utilises jamais si bien que tu en as oublié comment de parler, alors il te faut un peu de temps pour recommencer mais tu finis par articuler, maladroitement, après avoir observé l'ombre pâle et agitée qui te faisait face ;

Tu v..as att...rapper fr...oid.

Fumée égoïste qui pourtant ne fait que penser aux autres.
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